Un attachement atavique en fait. Ouramdane Khacer, président de l'association Afus deg Wfus (la main dans la main) fait valoir que la laïcité faisait partie intégrante de l'organisation des sociétés rurales berbères bien avant l'invasion omeyyade.
L'association se montre peut-être discrète mais elle n'en est pas moins dynamique. Samedi, à la Fédération des amicales laïques où il a établi ses quartiers, à l'occasion de son assemblée générale, l'Espace culturel berbère européen Afus deg Wfus qui milite pour la défense et la promotion de la culture berbère a démontré qu'il ne manquait pas de ressources.
Son président-fondateur Ouramdane Khacer est ainsi une personnalité de plus en plus écoutée. Consulté par la mission parlementaire d'information sur la pratique du voile intégral sur le territoire national, il a également participé l'an dernier à un colloque à l'université d'Agadir, le Maroc reconnaissant la langue et la culture amazigh depuis 2002.
Du sang neuf
au conseil d'administration
On peut à la fois se sentir berbère jusqu'au bout des ongles et apprécier la France et les valeurs qu'elle véhicule. Samedi, M. Khacer a fait approuver une motion confirmant la fidélité de son association aux principes de la laïcité. Selon le président, pas nécessaire pour un Berbère de se faire violence : la laïcité est une référence depuis des siècles du monde amazigh. Elle constituait encore une donnée culturelle dans les vieilles communautés rurales après l'installation des Omeyyades. « Ce sont les régimes de type dictatorial qui se sont implantés qui ont fait de l'Islam une religion d'État » , insiste M. Khacer, qui pense que dans une société moderne, il est indispensable de faire la part des choses entre la sphère publique et la sphère privée et d'aboutir à l'égalité des sexes.
Avec un budget équilibré et les encouragements de Pierre Dubois et de Tony Macquet, les deux élus présents à l'assemblée générale, l'espace culturel berbère se sent d'autant plus confiant que cinq jeunes, pour certains universitaires, ont rejoint son conseil d'administration. Quelque chose comme un... printemps berbère.
L'association qui, entre autres activités propose des conférences, un cours de langue ainsi que des ateliers de danse pour enfants et pour ados et adultes et qui dispose aussi d'un créneau horaire pour l'émission Berbéritude sur Radio-Boomerang (89,7 FM), compte sous peu se lancer dans de nouvelles aventures : la constitution d'un fonds de documentation et le lancement d'un atelier théâtre franco-berbère.
Dalila, la propre cousine de M. Khacer, craignant peut-être pour l'équilibre alimentaire du président, lance pour sa part un atelier de cuisine diététique.
On ne le sait peut-être pas mais le couscous existait au Maghreb bien avant que les Arabes ne s'en emparent.
Source : nordeclair.fr