L’amazighité entre la politique de l’arabisation et l’islamisme politique

L’amazighité entre la politique de l’arabisation et l’islamisme politique

L’amazighité entre la politique de l’arabisation et l’islamisme politique

L’amazighité est, sans équivoque, la dimension profonde de l’identité marocaine, c’est en effet, un ensemble constitué des populations des pays de Tamazgha: l’Afrique du Nord. L’arabisation est le fait d'imposer l’identité culturelle arabe à un pays ou une nation qui n’est pas d'identité arabe: exemple vivant de la politique de l’arabisation menée en Afrique du nord. Quand on dit «l’islam», on conçoit aisément qu’il s’agit de la religion musulmane pratiquée par un grand nombre de croyants animés de convictions religieuses islamiques dans les divers pays du monde, sans aucune distinction ethnique. L’islamisme politique est la doctrine dont les adeptes cherchent à imposer, généralement par la violence, un ensemble de conceptions ou d’idées propres à leur idéologie. A partir des articles parus dans la presse nationale et les programmes diffusés dans des chaînes de télévision étrangères par certains esprits malins pour traiter des thèmes relatifs aux relations de l’amazighité avec l’islam, on peut en déduire simplement qu’il s’agit d’un ensemble de démarches préparatoires pour atteindre un objectif clairement défini; les auteurs essayent d’inculquer aux masses populaires une approximation idéologique plus précise qu’ils jugent conforme à leur tendance politique! Bien qu’on finisse par se convaincre qu’Imazighen étaient des monothéistes plusieurs siècles avant l’islamisation de la péninsule arabique et de l’Afrique du Nord, on s’aperçoit clairement que la conquête arabe des pays de Tamazgha a pu usurper sur les prérogatives du peuple et falsifier son identité malgré que le prophète sidna Mohamed avait insisté sur le bon voisinage (que le voisin soit musulman ou non). Si la charte des Nations Unies liée aux droits humains exclut toute forme de discrimination raciale, et si la loi islamique admet le multilinguisme et la diversité culturelle, pourquoi donc le pouvoir central arabophone et certains godiches partisans de l’islamisme politique désavouent-ils le peuple amazigh et nient ses droits: le droit de parler la langue tamazight, le droit de se doter d’une chaîne de télévision en langue amazighe, le droit de transcrire Tamazight avec sa propre graphie «Tifinagh» et le droit de l’étudier à l’école? Pourquoi certains malveillants accusent-ils, sans honte, imazighen de francophones impies? Le peuple musulman amazigh au Maroc et aux pays de Tamazgha pratique naturellement les préceptes de la religion musulmane depuis l’aube de l’Islam, il est solidaire avec tous les peuples du monde qui luttent pour leur indépendance et il revendique fortement sur la scène politique nationale et internationale tous ses droits naturels. Malheureusement, Imazighen sont généralement privés des droits culturel, linguistique, socio-économique, politique etc. sous l’égide des Etats arabo-musulman imposés par le protectorat occidental qui a été infligé aux pays de Tamazgha: «Afrique du Nord»!! L’amazighité est le caractère qui fait la valeur des habitants de Tamazgha, elle est paradoxalement la cible d’une phobie particulièrement odieuse et fondée sur l’hostilité et le mépris profond et non raisonné! On enregistre incontestablement que le pouvoir politique xénophobe n’a pas encore décidé un seul geste de bonne volonté en faveur d’une réconciliation avec l’amazighité, les dirigeants qui se sont succédés à la tête de l’Etat sont frappés par l’immaturité politique et ils cherchent à exclure le peuple amazigh de sa culture et de sa langue! Pour punir le peuple amazigh, éreinté par le discours illusoire, le pouvoir autoritaire utilise les moyens dictatoriaux qu’il met abusivement à sa disposition: la répression, les tortures, l’humiliation, l’isolement, l’influence, l’intimidation etc. pour mémoire, Imazighen qui ont survécu les affres des années de plomb refusent d’oublier la peur des années sombres et disent à ceux qui trahissent que l’histoire n’oublie pas! Les adeptes du mouvement islamiste radical adoptent aisément un double langage, «déclarer et contredire simultanément certaines choses», par un certain mépris et le rejet des autres, ils se considèrent étant détenteurs d’une vérité divine absolue et ils excommunient spontanément leurs opposants! Pour privilégier la langue arabe, les arabes opiniâtres marginalisent les autres langues: l’amazigh, le copte, le kurde, le Kordofan etc. mais, l’usage de la langue maternelle, que ce soit dans le cercle familial ou dans les affaires du village et de la tribu a pu se maintenir beaucoup plus longtemps qu’on ne le croit. Le danger le plus grave qui court les langues dites mineures et reculées est la disparition de leurs locuteurs natifs, à la suite des conflits armés, des famines ou des épidémies. Au Maroc, en Mauritanie et en Algérie des populations importantes parlent l’amazigh. Des groupes dispersés parlent l’amazigh en Tunisie, en Libye ainsi qu’à Siwa en Egypte, en Afrique occidentale, dans le désert du Sahara, dans la diaspora et l’amazigh se confond avec l’espagnole aux îles Canaries. On ignore actuellement combien d’individus parlent encore la langue kordofanienne au sud du Soudan à cause de la guerre qui ravage cette région il y’a une quinzaine d’années et aussi à cause de l’idéologie arabo-islamiste forcée qui touche cette région d’Afrique. La langue copte n’est plus pratiquée que dans la liturgie de l’église copte en Egypte, le pays où se côtoient le nassérisme et le nationalisme chauvin des arabes. La conjoncture internationale actuelle est marquée par une grande sensibilité au phénomène des mouvements islamistes radicaux qui s’accaparent la position de détracteur de l’hégémonie américaine et occidentale, l’émergence de ce phénomène protestataire qui recouvre à plusieurs formes de violence, des attentats kamikazes et qui agit sous couvert des préceptes religieux et de la référence arabo-islamique finit par reconnaître la légitimité des crimes commis au nom de l’Islam!! Ces mouvements religieux radicaux utilisent l’islam comme moteur essentiel pour leur activité, certains fondamentalistes considèrent que la civilisation occidentale est responsable de toutes les déviations que connaissent les sociétés musulmanes et ils refusent toute modernité et ce qui s’y réfère et finissent par déboucher sur de graves dérives dont le recours à la violence au nom de la guerre sainte: un (Jihad) à la méthode Wahhabite ou importé de l’Afghanistan, pour imposer un ensemble de conceptions idéologiques dangereuses! Quelle loi interdit-elle aux Etats musulmans de contracter des relations d’amitié avec d’autres Etats non musulmans? La conciliation à l’usage de la violence par les mouvements islamistes radicaux attire l’attention de plusieurs chercheurs en Occident et aussi dans les pays du monde dit: «arabo-musulman». Il faut en conséquence chercher des alternatives et des solutions claires et pratiques pour combattre ce phénomène simpliste qui ne se rend pas compte de la réalité. Certains s’interrogent si Imazighen se sont convertis volontairement à l’islam ou par la force? Il est évident qu’Imazighen ont accepté consciemment l’Islam mais ils avaient lutté contre la spoliation et la violation des droits à leur terre. Ils continuent aujourd’hui de lutter pour les droits culturel, linguistique et identitaire. Ils sont convaincus que la marginalisation du monde amazigh est la conséquence de plusieurs rapports conflictuels de force et d’intérêt entre ceux qui défendent l’honneur, la liberté et la terre et ceux qui la troquent et en font un vil commerce. Imazighen prônent l’unité dans la diversité et les autres prônent le terrorisme intellectuel, la pensée unique et le centralisme! Imazighen condamnent l’assassinat des innocents, ils considèrent que la dissolution du parti démocratique amazigh marocain PDAM par les autorités politiques marocaines est antidémocratique, ils dénoncent la détention arbitraire des militants pour la cause amazighe et ils réclament la libération immédiate de tous les détenus politique innocents, ils revendiquent tous les droits naturels: politique, culturel, linguistique, socio-économique etc. A l’instar du peuple marocain conscient du devoir national, l’objectif stratégique du mouvement culturel amazigh est l’adoption d’une constitution démocratique qui reconnaîtra l’«amazighité» identité et langue officielle et nationale du pays et la construction d’un Etat de droit qui peut garantir la volonté populaire, exiger les élections libres et un pouvoir judiciaire indépendant et respecter les normes universelles des droits humains dans leur globalité. Max Friche avait dit: «celui qui lutte peut perdre, celui qui renonce à la lutte a déjà perdu». L’institut royal pour la recherche sur l’histoire du Maroc (IRRHM), créé en 2005 pour promouvoir des études portant sur l’histoire du royaume et la vulgarisation du patrimoine civilisationnel du Maroc, est sorti récemment de sa réserve pour présenter l’essentiel de sa mission et de son travail. L’IRRHM est en cours d’élaborer un ouvrage sur le royaume depuis la préhistoire jusqu’en 1999, même si les responsables de cet institut ne vont pas s’esquinter le tempérament, ils devraient être impartial et dénué de préjugé et de partialité sur l’histoire du Maroc pour préciser le rôle joué par la science historique dans la préservation et la mémoire nationale et pour restituer les grandes lignes de l’histoire des Imazighen injustement ignorée. Nous souhaitons que les responsables de cet institut poursuivent honnêtement l’objectif de rédiger l’histoire du Maroc sans détours en donnant au large lectorat un éclairage précis dûment documenté sur les mouvements, les mutations sociales et les constances de l’histoire du peuple marocain au cours des siècles en consolidant l’identité nationale fondamentale: l’amazighité, sans omettre la diversité culturelle du Maroc. Les pionniers qui ont œuvré pour la restauration de la vérité historique ont payé de leur vie et d’autres ont été jetés sur la chaussé dégoûtante de l’histoire; la liste est grande mais on ne peut pas oublier les vétérans: feu Ali Sidki Azaykou, feu Moha Abehri et d’autres ermites de la stature de Monsieur Mohamed Chafik, l’auteur de la première édition de la culture et du patrimoine amazigh dans la revue « Afaq » en 1963, a lancé le débat sur la question de l’amazighité par son mémorandum et son discours devant les assises de l’Académie du royaume en 1980. Dans ses grandes étapes, le mouvement culturel amazigh MCA se différencie manifestement des oligarchies économiques et politico-religieuses qui imposent leur loi, il contribue en 1991 à la confection et à l’adoption de la charte d’Agadir et en 1993 Le MCA a contribué à la création du Congrès Mondial Amazigh (CMA). Le peuple marocain se félicite de la nomination par SM le roi de l’émérite intellectuel Mr Hassan Aourid: historiographe du royaume. Incroyable mais vrai, les racistes qui se prononcent croyants musulmans pratiquent un prosélytisme extravagant et, malheureusement, ils excommunient ceux qui ne s’adhèrent pas à leur idéologie. Les corrupteurs se proclament démocrates et progressistes, les députés parlementaires ne défendent que leurs propres intérêts, les Oulémas complimentent les hommes du pouvoir et disculpent les tortionnaires, l’intransigeance des prêches de certains Imams de mosquées portent sur l’identité arabo-islamique au détriment des autres identités, on dirait que l’arabisation est une condition qui tient du divin pour se convertir à la religion musulmane! Les responsables du pouvoir n’ont pas la volonté politique pour se mettre au diapason des revendications sociales et rendre droit aux ayants droit; le peuple amazigh demeure affreusement frustré de ses droits: culturel, linguistique, politique, socio-économique etc. et malheureusement, en vertu des dahirs et des lois hérités de la période coloniale, Imazighen sont dépossédés illégalement de leur propre terre! C’est la raison qui justifie le classement de nos pays aux derniers rangs dans le domaine des droits de l’homme et justifie le sous-développement économico social de nos peuples. Dans le cadre du choix d’une éthique distinguée, Imazighen admettent la convivialité avec les autres et ils refusent l’éradication de leur identité millénaire amazighe au nom d’une idéologie politique quelconque. Le discours royal du 20 août 1994, prononcé par feu le roi Hassan II a précisé les fondements d’un système éducatif efficace dont le but est de préserver les particularités de l’identité marocaine. Le 17 octobre 2001 SM le roi Mohammed VI consolide dans le discours historique d’Ajdir une nouvelle vision politique éclairée par la volonté d’instaurer un nouvel «Etat de droit moderne» et marquer le début d’une époque culturelle pour un Maroc meilleur plein de paix et de bonheur. Le peuple marocain, les associations culturelles amazighes et les intellectuels sensés ont reçu avec beaucoup de joie la décision royale d’enseigner la langue amazighe pour tous les marocains à tous les niveaux du cursus scolaire et ils notent également l’initiative de sa Majesté à la nation marocaine pour avoir donné l’importance à toutes les composantes de notre identité au même titre d’égalité. En réalité, toute analyse objective de l’histoire du Maroc ne peut qu’aboutir à la réalité: l’amazighité constitue la composante fondamentale de l’identité marocaine. Mais cette réalité fait l’objet d’une marginalisation à cause d’une idéologie irresponsable qui a trouvé son expression dans le fanatisme arabo-islamique des partis politiques totalitaires qui n’ont pour objectif que d’aboutir aux postes de gouvernement et commettre ouvertement la prévarication. Il faut que l’Etat se donne le devoir de trouver un nouveau système composé des valeurs humaines, religieuses, éthiques et éducatives pour combattre l’exploitation et l’absolutisme et pour éradiquer toute source de xénophobie et de danger pour la sécurité et la stabilité de la société et de l’Etat. En conséquence, pour mettre un terme à la discordance nationale, tous les citoyens, les plus hautes autorités et les responsables de l’Etat doivent s’offrir une occasion sans précédent et rectifier la trajectoire du processus démocratique pour en faire un outil concret en faveur de la promotion démocratique, de l’égalité des êtres humains, de la protection des droits humains et de la reconnaissance de l’identité amazighe, injustement ignorée voici bien longtemps. [b] Par: Hsaine Oulghazi[/b]
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