El Walid Mimoun

El Walid Mimoun

El Walid Mimoun

Mimoun El Walid est probablement l’artiste le plus accompli mais aussi le plus controversé que le Rif ait produit. Né en 1959 à Aït Sidel (un village près de Nador) au sein d’une famille de condition modeste, il a commencé à s’initier à la musique par l’apprentissage de la tamjja (flûte) et découvre alors la richesse du patrimoine musical local. Habité par ces sons familiers, il s’est mis, dès ses premières années au département de philosophie de l’université de Fès, à chanter dans sa langue maternelle, la cause des défavorisés, des opprimés et des marginaux.

En 1980, il sort son premier album Ajjaj (tonnerre) dont le succès est immédiat. Le gouvernement marocain, craignant sa popularité grandissante, interdit l’album qui se vend alors secrètement. Après avoir participé à une manifestation non autorisée, Mimoun El Walid est emprisonné puis expulsé de l’université.

Après une traversée du désert, Mimoun revient au devant de la scène en 1986 avec Ametluâ (le vagabond) et, dix années plus tard, avec Tayyut (la brume).

Contraint à quitter son sol natal, comme nombre de ses compatriotes, il s’installe en 1991 aux Pays-Bas. La nostalgie l’envahit de nouveau et revient au Maroc en 1994. Confronté à la réalité abrupt, il reprend le chemin de l’exil et s’établit en Belgique où il devient le chanteur-poète de sa communauté immigrée.

Mimoun El Walid est aussi poète et nouvelliste. En 1997, il a publié au Pays-Bas son premier recueil de nouvelles Tinfardjas : tinfas tiqudain.
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