L'histoire de "Avava Inouva" (suite)

Très content du résultat, dès le soir venu, il se rend à la hutte, tape à la porte et dit à l’homme “emprisonné” :
“Etskhilk Eldi Thabbourth A vava Inouva !” (Papa Inouva, ouvre-moi la porte, c’est moi ta fille Rova !)” ?

Pour éviter toute mauvaise surprise, le père lui dit : “Tchène-tchène thizevgathin im A illi Rova !” (Fait tinter tes bracelets, Rova ma fille !)

La première épreuve passée avec succès, l’ogre fait tinter son collier, dont le tintement ressemble à s’y méprendre à celui de Rova.

Abusé, il enlève la cale de la porte pour faire rentrer sa fille, mais en guise de fille,c’est un ogre velu avec des grands crocs qui lui saute dessus,et qui lui dit : “Dounith Fella-k’ thekfa Ak Tchagh Assa...

Assa A vava-s n Rova !” (Tu vas mourir aujourd’hui Je vais te dévorer, père de petite fille !) Par où veux-tu que je commence à te déguster, par la tête ou par les pieds ?
Commence par les pieds qui ne peuvent bouger”. L’ogre commence à le dévorer, dès qu’il arrive au tronc, Rova arrive. En trouvant la porte ouverte, elle laisse tomber le plat et lance un cri d’effroi. Malgré sa peur, elle jette un coup d’œil dedans et aperçoit la bête immonde, qui dévore son papa. Ne pouvant rien faire pour lui, elle prend ses jambes à son cou pour avertir les villageois. Mais après avoir fait seulement quelques enjambées, elle est rattrapée. Il l’attache à l’aide de ses longs poils et continue son horrible repas. Il l’emmène ensuite dans sa tanière, pour s’en servir de repas, une fois qu’il aura faim. Sachant le sort qui l’attend, Rova se met à crier à gorge déployée comme une écorchée vive à laquelle on enlève la peau. Ses cris arrivent aux oreilles de son troisième frère, celui qui a l’ouïe fine et capable d’entendre la rosée tomber.

Dressant les oreilles, il dit à ses frères : “Thedhra El H’adja d’ Rova !” (Quelque chose de grave est arrivé à Rova !) Il faut que nous allions de ce pas la délivrer. Ce n’est pas dans ses habitudes de traîner dehors à la tombée de la nuit.” Mus par un mauvais pressentiment, ils se rendent tous les quatre à la hutte construite autour de leur père. Ils ne trouvent que du sang et des ossements d’homme. Point de corps de Rova. Le garçon à l’ouïe fine dit à ses frères : “Notre sœur n’est pas encore morte, l’ogre l’a enlevée, il nous faut la délivrer avant qu’il ne soit trop tard ! Les cris qu’elle pousse vont me guider.” Et c’est ainsi que Rova fut retrouvée saine et sauve dans une grotte servant de tanière à l’horrible animal, parti pour chasser. Ils la trouvent attachée, avec les poils très solides de l’ogre aux poignets et aux pieds. Elle est contente de voir ses frères au grand complet et éclate en sanglots, quand elle leur apprend que l’ogre veut l’épouser et qu’elle ne veut pas de lui. “Ne t’en fais pas, petite sœur, nous allons te délivrer et nous allons le tuer et venger notre père dévoré !” Pour ne pas donner l’éveil à l’ogre, ils laissent leur sœur attachée et se mettent à l’affût. Très fatigué, à force de courir après ses proies, dès qu’il rentre chez lui, l’ogre s’affale sur sa couche à côté de Rova. Le frère capable de voir à travers les murs surveille son sommeil, dès qu’il tombe dans les bras de Morphée, il dit à ses frères que c’est le moment de tenter de délivrer leur sœur. Entre alors en scène celui qui est capable d’enlever des œufs de perdrix. Avec dextérité, il dénoue un à un les entraves très serrées. L’opération terminée, ils soulèvent leur sœur, la sortent dehors, et prennent leurs jambes à leurs cous. Après s’être éloignés de la tanière de l’ogre, ils se reposent un peu. Le frère à l’ouïe fine colle son oreille au sol et lance : “Ouaghzen ifaq ! (L’ogre s’est aperçu !) Il est à notre poursuite, il ne tardera pas à être là !” “Maintenant, c’est mon affaire”, s’écrie l’aîné à la grosse massue, la faisant tournoyer, il l’abat sur le sol avec fracas. Aussitôt un trou géant s’ouvre devant eux. Ils s’engouffrent dedans. A ce moment, arrive l’ogre, il sent la chair humaine mais ne voit personne. Il tourne en rond, mais ne comprend pas, l’esprit embrouillé il dit :
Lan our line Iârqiyi tekhmim ! (Ils sont ici, mais je ne sais quoi penser !) De guerre lasse, il quitte les lieux. Pour éviter toute mauvaise surprise, les quatre frère aménagent leur cachette jusqu’à ce que tout danger soit écarté. Ils veillent sur leur sœur comme sur la prunelle de leurs yeux. Après quelques mois d’attente, ils trouvent l’ogre en train de rôder autour de leur sœur. Ils le prennent tous les quatre à partie et le tuent. Victorieux, ils retournent dans leur village où ils sont acclamés en héros. "Our kefount eth'houdjay i nou pour kefoun ird'en tsemz'ine. As m-el?id' ametch ak'soum ts h'em'zine ama ng'a thiouanz'iz'ine."



Txilek elli yi n taburt a Vava Inouva
Ccencen tizebgatin-im a yelli Ghriba
Ugadegh lwahc elghaba a Vava Inouva
Ugadegh ula d nekkini a yelli Ghriba

Amghar yedel deg wbernus
Di tesga la yezzizin
Mmis yethebbir i lqut
ussan deg wqarru-s tezzin
Tislit zdeffir uzetta
Tessallay tijebbadin
Arrac ezzin d i tamghart
A sen teghar tiqdimin

Txilek elli yi n taburt a Vava Inouva
Ccencen tizebgatin-im a yelli Ghriba
Ugadegh lwahc elghaba a Vava Inouva
Ugadegh ula d nekkini a yelli Ghriba
Adfel yessed tibbura
Tuggi kecment yehlulen
Tajma?t tettsargu tafsut
Aggur d yetran hejben
Ma d aqejmur n tassaft
Idegger akken idenyen
Mlalen d a?t waxxam
I tmacahut ad slen

Txilek elli yi n taburt a Vava Inouva
Ccencen tizebgatin-im a yelli Ghriba
Ugadegh lwahc elghaba a Vava Inouva
Ugadegh ula d nekkini a yelli Ghriba



(Mes contes ne se terminent, comme ne se terminent le blé et l’orge. Le jour de l’aïd, nous mangerons de la viande avec des pâtes, jusqu’à avoir des pommettes rouges et saillantes).
FIN

par Benrejdal Loun?s
Tamazight